Pourquoi le fait de chercher la solution parfaite peut-il mettre un projet à risque lorsque le temps est la contrainte dominante?
Hugo Careau : Chercher la solution parfaite est souvent l’un des moyens les plus efficaces de prendre du retard. Il ne s’agit pas d’aller à l’encontre de la rigueur technique, mais bien de comprendre que le temps nécessaire pour optimiser chaque composante à ce moment-ci du projet n’est tout simplement pas compatible avec l’objectif initial. Dans ce contexte, il est préférable de livrer un projet opérationnel au bon moment, plutôt que d’attendre une solution optimisée qui ne pourra être livrée qu’avec du retard.
En réalité, le principe du « suffisamment bon » devient une stratégie structurante et assumée. Cela ne signifie pas que la qualité des projets ou des installations est négligée, car elle demeure essentielle. Ce qui change, c’est le rythme et la manière d’y parvenir. Dans ce type de projets, l’objectif est d’abord de démontrer que la solution fonctionne, puis d’optimiser en cours de route, une fois la première mouture livrée.
L’une de nos forces réside précisément dans cette capacité à accompagner les projets au‑delà de la phase initiale. Nos équipes disposent en effet de toute l’expertise nécessaire pour soutenir les phases subséquentes, intégrer les apprentissages et faire évoluer la solution dans le temps.
Ulric Chayer : Il faut aussi mentionner que cela exige une posture particulière à ce type de projet. Ce ne sont pas toutes les équipes qui sont à l’aise de naviguer à l’extérieur de leur zone de confort habituelle. Décider sans avoir toute l’information, faire des choix imparfaits, accepter d’optimiser plus tard, tout cela requiert de la maturité et un type de personnalité particulier. Sous la pression des délais, vouloir tout optimiser dès le départ peut rassurer, mais c’est souvent ce réflexe‑là qui met le projet à risque.