Jim Barrett : Certaines occasions sont dictées par les conditions du marché. Lorsque le prix des matières premières est favorable, les exploitants cherchent naturellement des moyens d’augmenter la production, d’améliorer la récupération et de réduire les coûts d’exploitation.
D’autres apparaissent à mesure que les opérations évoluent. Les gisements changent au fil du temps : le minerai peut devenir plus difficile à traiter ou contenir différentes impuretés, ce qui crée un besoin pour de nouvelles technologies, des améliorations aux procédés ou des mises à niveau d’équipements. Dans bien des cas, ces changements permettent de créer davantage de valeur à partir d’une exploitation existante.
Derek Blais : Nous observons également des occasions liées aux agrandissements et aux remises en service.
Dans certains cas, les entreprises cherchent à tirer davantage parti de leurs infrastructures existantes. Dans d’autres, elles évaluent la possibilité de remettre en service des installations à l’arrêt. Les actifs existants s’accompagnent souvent d’infrastructures, de données historiques de production et de connaissances opérationnelles qui peuvent constituer une base solide pour soutenir la croissance future.
Surtout, les occasions sur sites existants émergent souvent lorsque les organisations posent un regard neuf sur des actifs qu’elles connaissent déjà bien et se demandent comment les exploiter plus efficacement.
Quelle devrait être la première étape pour évaluer une occasion sur un site existant?
Derek Blais : Il faut d’abord établir une base de référence fiable.
Avant d’envisager une augmentation de la capacité de traitement, une remise en service ou un agrandissement majeur, il faut bien comprendre l’état actuel de l’exploitation et son rendement réel. L’usine fonctionne-t-elle comme prévu? Les principales contraintes sont-elles bien comprises? Dispose-t-on de données fiables?
De nombreuses organisations s’intéressent aux systèmes de contrôle avancés, à l’intelligence artificielle et à d’autres nouvelles technologies. Toutefois, ces outils ne peuvent pas compenser une compréhension incomplète des actifs ni remplacer la mise en place préalable des bonnes pratiques fondamentales.
Jim Barrett : Une fois cette base établie, l’occasion doit tout de même être évaluée dans le cadre d’un processus d’étude rigoureux. Les projets sur sites existants peuvent sembler plus simples que les nouveaux développements, mais ils nécessitent eux aussi des études adéquates, une analyse des différentes options et des essais.
L’objectif n’est pas d’avancer le plus rapidement possible, mais de prendre la bonne décision d’investissement.
Comment les organisations peuvent-elles maximiser la valeur de leurs actifs existants?
Derek Blais : Une bonne stratégie pour un site existant ne commence pas nécessairement par le plus grand projet d’agrandissement possible. La première question à se poser est plutôt de savoir si l’entreprise maximise déjà le potentiel de ses actifs actuels.
Une fois l’exploitation et ses contraintes bien comprises, les organisations peuvent évaluer des améliorations progressives, qu’il s’agisse d’une meilleure instrumentation, de l’élimination de goulots d’étranglement ou de mises à niveau ciblées des équipements. Au fil du temps, ces améliorations peuvent ouvrir la voie à des investissements de plus grande envergure.
Jim Barrett : Chaque option doit également tenir compte des réalités propres à une installation en exploitation.
Une solution nécessitant moins de capitaux n’est pas automatiquement la meilleure si elle exige de longs arrêts ou entraîne d’importantes pertes de production. Dès le départ, l’analyse de rentabilité doit tenir compte des pertes de production, des contraintes opérationnelles et des risques liés à la mise en œuvre.
Qu’est-ce qui distingue les projets sur sites existants les plus réussis?
Jim Barrett : La communication est un facteur déterminant. Ces projets se déroulent dans des environnements en exploitation. L’équipe de projet cherche à mettre en œuvre des changements, tandis que les équipes d’exploitation doivent continuer à faire fonctionner l’usine. Ces priorités sont différentes, mais elles doivent demeurer alignées tout au long du projet.
Derek Blais : J’ajouterais la collaboration multidisciplinaire. Dans un environnement existant, une modification est rarement isolée. Des changements qui semblent simples peuvent avoir des répercussions bien au-delà de la zone visée et toucher d’autres aspects de l’exploitation d’une façon qui n’est pas toujours évidente au départ.
Les projets les plus réussis réunissent les bonnes expertises dès le début et s’assurent que toutes les parties prenantes partagent une compréhension commune des objectifs, des hypothèses et des risques du projet.
Les projets sur sites existants les plus réussis commencent par une meilleure compréhension de ce qui est déjà en place et par une vision claire des endroits où de la valeur additionnelle peut être créée.
Les priorités de l’industrie continueront d’évoluer, comme elles l’ont toujours fait. Mais dans le contexte actuel, de nombreuses sociétés minières constatent que certaines de leurs meilleures occasions se trouvent déjà au sein des actifs qu’elles possèdent.
Le défi consiste à repérer ces occasions rapidement et à réaliser les bons investissements pour en libérer tout le potentiel.